Pourquoi un bâton semble-t-il cassé dans un verre d'eau ?

Un bâton plongé en partie dans l’eau peut sembler plié ou cassé à la surface, alors qu’il est toujours droit. Le responsable est la réfraction : la lumière change de direction en passant de l’eau à l’air.

Un bâton droit paraît décalé à la surface de l’eau dans un verre transparent.

Une cassure qui n’existe pas

Tu regardes un bâton qui dépasse d’un verre d’eau. Sa partie immergée semble décalée par rapport à celle qui reste dans l’air. Pourtant, le bois ne s’est ni plié ni séparé : c’est la position apparente de la partie sous l’eau qui a changé.

Pour voir un objet, tes yeux doivent recevoir de la lumière venant de cet objet. Ici, une partie de cette lumière traverse l’eau, puis l’air, avant de parvenir à tes yeux. Ce passage entre deux milieux transparents peut modifier sa direction.

L’effet dépend de l’endroit où tu regardes. Il est souvent bien visible lorsque le bâton est incliné et observé de côté. La forme du verre peut aussi déformer son image : plusieurs effets optiques peuvent donc se superposer.

La lumière change de route

La lumière se propage dans l’air comme dans l’eau, à des vitesses différentes : elle va moins vite dans l’eau que dans l’air. Quand elle traverse de biais la séparation entre ces deux milieux, sa direction change. Ce phénomène s’appelle la réfraction.

Pour comprendre ce changement, imagine une ligne perpendiculaire à la surface de l’eau, comme un trait vertical traversant une surface horizontale. Les scientifiques appellent cette ligne la normale. Elle sert de repère pour décrire la direction de la lumière.

Un rayon qui passe de l’eau à l’air en sortant de biais s’écarte de cette ligne. Dans le sens inverse, de l’air vers l’eau, il s’en rapproche. Ce changement de direction suit donc une règle : il dépend des milieux traversés et de l’angle d’arrivée.

Si la lumière traverse la séparation exactement perpendiculairement, elle ne change pas de direction. Ce cas est important : on ne peut donc pas dire que l’eau dévie toujours la lumière. Elle peut modifier sa vitesse sans modifier sa direction.

Pourquoi tes yeux se trompent

Tes yeux reçoivent la lumière après son passage dans l’air. Pour situer ce que tu vois, ton système visuel interprète généralement la lumière comme si elle avait suivi un trajet droit. Il ne reconstitue pas automatiquement le changement de direction survenu à la surface de l’eau.

Un enfant et sa maman observent un bâton qui paraît cassé dans un verre d’eau, près d’un appareil photo.

La partie immergée semble alors se trouver ailleurs que là où elle est réellement. La partie hors de l’eau, elle, n’est pas observée à travers le même trajet. Les deux morceaux visibles ne paraissent plus alignés, ce qui donne au bâton cet aspect cassé.

On parle d’une position apparente : la lumière apporte à tes yeux des indications qui placent la partie immergée au mauvais endroit. Cette image ne correspond à aucun objet supplémentaire caché dans le verre, ni à un second bâton que l’eau aurait fabriqué.

Ce n’est pas un défaut de tes yeux. Le même principe apparaît sur une photographie : un appareil reçoit lui aussi la lumière après sa déviation. L’effet peut donc être enregistré, même sans personne en train de regarder le verre.

Le verre compte aussi

Dans un dessin très simple, on représente seulement l’eau et l’air. Dans un vrai verre, certains rayons passent aussi à travers la paroi. Ils rencontrent alors plusieurs séparations entre des matières transparentes. Chaque passage peut contribuer à modifier le trajet de la lumière.

Une paroi arrondie peut en plus agrandir, décaler ou déformer certaines parties de l’image. C’est pourquoi deux récipients de formes différentes ne montrent pas forcément le bâton de la même façon. Le niveau d’eau, l’inclinaison du bâton et ton point de vue jouent également un rôle.

La réfraction aide aussi à comprendre pourquoi le fond d’un bassin paraît souvent moins profond qu’il ne l’est. Ce que tu vois à travers l’eau ne permet donc pas de connaître directement une profondeur réelle : il faut distinguer la profondeur apparente de celle qu’on mesure.

Des phénomènes à comparer

L’illusion de la flèche qui se retourne pose une question voisine : comment un récipient transparent rempli d’eau peut-il transformer une image ? Dans cette expérience publiée, la forme arrondie du verre compte beaucoup. Le verre et l’eau se comportent ensemble comme une lentille.

Une mère et son enfant comparent un bâton apparemment cassé dans l’eau, un poisson inversé et un petit arc-en-ciel.

Tu peux aussi découvrir comment faire un arc-en-ciel avec de l’eau. La lumière blanche contient plusieurs couleurs, qui ne sont pas toutes déviées de la même manière. Cette différence permet de les séparer et rend visible un autre aspect du comportement de la lumière.

Le verre retourné qui ne se vide pas contient lui aussi de l’eau. Son explication concerne toutefois notamment la pression de l’air, tandis que la cassure apparente du bâton vient d’une image décalée par réfraction. Des objets semblables permettent ainsi d’explorer des phénomènes très différents.

Pour toute expérience réelle proposée sur ces pages, un adulte accompagne la manipulation. Comprendre une explication et réaliser une expérience sont deux activités complémentaires, avec des précautions propres à chacune.

À partir de quel âge ?

Dès 5 ou 6 ans, vous pouvez aborder l’idée essentielle : le bâton reste droit, mais la lumière change de direction. À cet âge, reconnaître la différence entre l’objet et son apparence est déjà une découverte intéressante. Le mot réfraction peut être présenté sans être exigé.

Vers 8 à 10 ans, vous pouvez expliquer le trajet de la lumière avec un dessin simple. À partir de 11 ou 12 ans, la notion de normale et le lien entre les milieux traversés et la déviation deviennent plus accessibles, selon les connaissances de l’enfant.

Vous pouvez répondre correctement à la question sans introduire de formule. Pour bien expliquer le phénomène, vous devez surtout distinguer trois éléments : la position réelle du bâton, le trajet de la lumière et la position apparente perçue par l’observateur.

À faire ensemble

Vous pouvez proposer un jeu de dessin, sans manipulation : représenter un bâton droit dont une partie est sous une surface d’eau imaginaire. L’enfant dessine sa position réelle d’une couleur et sa position apparente d’une autre. L’exercice vise à séparer l’objet de son image, sans chercher à calculer un angle.

Un enfant et son papa dessinent en deux couleurs un bâton droit et son apparente cassure sous une surface d’eau imaginaire.

Tu peux ensuite jouer au guide scientifique : comment expliquerais-tu cette fausse cassure à quelqu’un qui ne connaît pas la réfraction ? Tu peux commencer par cette phrase : le bâton reste droit, mais la lumière qui vient de sa partie immergée change de direction avant d’arriver à mes yeux.

Vous pouvez terminer en demandant ce qui change réellement : le bois, l’eau ou le trajet de la lumière ? Cette petite discussion permet de vérifier la compréhension sans transformer la découverte en contrôle de vocabulaire.